L’Alliance pour la Planète veut réformer la publicité
De plus en plus de publicités utilisent abusivement l’argument écologique pour vanter comme “bon pour l’environnement” des activités et des produits en réalité polluants ou dont le bilan écologique est négatif. Ces publicités peuvent être abusives voire mensongères, ne pas respecter la législation, ni même les propres recommandations écologiques et de développement durable du BVP (Bureau de Vérification de la Publicité), organisme interprofessionnel d’autodiscipline en la matière.
Ces publicités, qui ne font souvent que camoufler le peu d’efforts consentis par beaucoup d’entreprises au regard des enjeux écologiques actuels, montrent par ailleurs leur peu de volonté et d’empressement à adopter un comportement écologiquement responsable. En donnant une image “verte” à des entreprises, des services et des produits qui ne le sont pas, ce “greenwashing” ou “blanchiment écologique” des activités industrielles et commerciales minimise et banalise la nécessité impérative de changer nos comportements de consommation.
En outre, ce blanchissement participe directement à la désinformation des consommateurs et contrecarre les efforts importants de sensibilisation faits en ce sens par les associations, par les pouvoirs publics (ADEME par exemple) ; il dilue également la démarche de progrès déjà initiée par quelques entreprises courageuses.
L’impact environnemental des publicités ne s’arrête d’ailleurs pas au contenu de leur message : de nombreuses publicités sont dommageables pour l’environnement par nature (prospectus, éclairages “énergivores”, paysages dégradés, etc.), voire enfreignent manifestement le code de l’environnement (affichages publicitaires illégaux, par exemple). Leurs moyens-mêmes de réalisation peuvent aussi être très polluants : voyages de repérages, déplacements en avion, prises de vues par hélicoptère…
Aujourd’hui, l’Alliance pour la Planète dénonce le caractère irresponsable de ces publicités ainsi que l’immobilisme du BVP dans la régulation de ces activités. Elle saisit les autorités publiques et demande une réglementation de l’usage de l’argument écologique, un renforcement radical du système de contrôle des publicités, la limitation des publicités pour les produits les plus polluants et les plus “énergivores” ainsi que la limitation de l’impact des activités publicitaires sur l’environnement.
Pour alerter les pouvoirs publics, l’opinion et le secteur publicitaire, l’Alliance pour la Planète présente sur son site internet une sélection de publicités concernées et les commentaires qui démontrent l’abus de l’argument écologique au regard de la loi ou des recommandations du BVP.
Source : L’Alliance pour la Planète